
L'informatique et moi.
Pour faire comme tout le monde, j'ai acheté un PC. Un beau, avec tout le confort moderne, et tous les gadgets qui vont avec. La classe, quoi ! Le vendeur m'avait dit : - Votre PC est prêt, vous n'avez qu'à installer Windows et les drivers et, hop !, vous entrez dans un monde nouveau. Fier comme d'Artagnan, j'emporte la bête chez moi. (Nadine me dit qu'on dit fier comme Artaban ! J'y dit : On dit d'Artagnan, tu me les pompes! Comme tu veux, dit Nadine, qui a peur de prendre une baffe) Je déballe. Bouf ! Des tas de trucs, un monceau de boîtes, des câbles à tomber mort. Des petits trucs ronds, avec un trou au milieu (jolis, entre parenthèses). Nadine me fait remarquer que si j'écris jolis, entre parenthèses, faut pas mettre de parenthèses. - Mais si j'écris "jolis, entre", çà veut rien dire ! - Fais comme tu veux, dit Nadine, toujours prudente.
Ces trucs ronds, dit-elle, très observatrice, c'est probablement des machins à lire avec un tourne-disque. Comme je n'ai pas de tourne-disque, je jette tous les bazars à la poubelle..
Je sors les bidules de la boîte, je les dispose harmonieusement, j'ai un certain sens artistique.
Sur le plus grand des appareils, je vois comme un gros bouton. Je pousse. Rien ! - Sûrement Internet qui est foutu, dis-je. - Mais tous les câbles, y doivent bien aller quelque part, y'en traîne partout. Si on appelait mon frère, il est électricien, les câbles, y doit s'y connaître, dit Nadine, pleine de bon sens. - Ton frère c'est le roi des pommes ! - D'accord, mais lui il sait raccorder des fils, dit Nadine, choquée. Avec mon beauf, on a travaillé toute la nuit, on a manipulé des tonnes de machins, des kilomètres de câbles. Y avait pus d'place dans les prises tellement qu'y avait des engins raccordés. - Voilà ! Dit mon beauf, qui a de la conversation, vas-y. Je pousse sur le gros bouton. - Çà s'allume, dit Nadine, qui est observatrice. Effectivement, y avait une petite lumière rouge qui clignotait. Des tas de trucs défilaient à l'écran. - C'est du flamand, dit Nadine, qui a le don des langues. Puis, plus rien, sauf un écran tout noir avec, écrit en blanc : C: et un machin comme çà \ qui clignotait. - Ça marche, dit mon beau-frère. - Effectivement, c'est un monde nouveau ! Dis-je. -Si on téléphonait au vendeur ? Dit Nadine, qui a l'esprit pratique.
Le vendeur - Vous avez C:\ écrit sur l'écran ? C'est bon signe. L'antislash clignote ? - ??? - Une petite ligne couchée vers la gauche. - Oui. - Tout est parfait. Maintenant, installez Windows. . - Qu'est-ce qu'y dit, demande Nadine, toujours curieuse. - Je dois installer vindoze. - Où ? questionna mon beauf - Sur le Pc, andouille ! Où veux-tu le mettre d'autre ! Comment peut-on être si con ? - C'est un don, qu'y m'dit, modestement. -Sans vouloir faire l'érudite, dit Nadine, qui connaît des beaux mots, je crois avoir vu écrit Windows, sur un des schmilbliks ronds. - Va le chercher, ma colombe, dans la poubelle bleue, dis-je. On installe le rond machin sur le PC, toujours rien ! - Si on re-téléphonait, suggéra Nadine, qui pense à tout.
Re-le-vendeur : - Çà ne marche pas ? Vous avez installé Windows ? - Oui, sur le dessus du gros bidule. - Mais il faut l'installer sur le disque dur ! - Il est où, ce disque dur? - A l'intérieur du PC. - Va falloir tout démonter ? - Non, installer çà veut dire insérer le cd-rom dans le lecteur et puis suivre les indications que vous verrez défiler à l'écran. - Qu'est-ce qu'y dit, questionna Nadine, en manque d'imagination. - On doit insérer le cd-rom dans le lecteur. - Quel lecteur ? Demanda perfidement mon beauf, qui commençait à me casser les noix. - Il a dit dans le lecteur de cd-rom, mais je n'ai rien vu qui ressemble à çà. - Nadine, tu veux bien regarder dans les boîtes si on n'a pas oublié un machin ? Nadine revint, les mains vides. - Bon, dis-je, demain on ira chercher le lecteur. On en a fait assez pour aujourd'hui et puis y a pu d'vin.
(suite, le lendemain)
On arrive chez le vendeur, Nadine, son frère et moi. - Je viens chercher un lecteur cd-rom, vous avez oublié de le mettre dans la boîte. - ??? - Oui, vous avez dit d'insérer vindoze dans le lecteur, y avait pas de lecteur. - Mais le lecteur est incorporé à la tour ! - Y a pas de tour non plus ! - Venez je vais vous montrer et tout vous expliquer.
Une heure après, nous sortîmes (hem) du magasin. L'informatique n'avait plus de secret pour nous. Rom, ram, mémoire morte, bit, octets, faisaient maintenant partie de notre vocabulaire. - J'ai quand même pas bien compris quoi c'est'un bit, dit mon beauf, toujours aussi con. - On dit une bit, dit Nadine, très pointilleuse sur le genre des choses.
Arrivés à la maison, nous nous mîmes (eh oui, à force de fréquenter ma minouchette mon vocabulaire s'étoffe !), nous nous mîmes, dis-je, au travail.
Après des heures, passées à regarder des trucs à l'écran et répondu à des questions connes, nous arrivâmes (moi j'avais écrit on arriva, mais Nadine, toujours incollable, me dit : on écrit arrivâmes - personnellement, je trouve que çà fait snobinard. Enfin, pour faire plaisir à ma choute, j'écris ce qui est écrit plus haut) , donc nous arrivâmes à la fin du calvaire.
Bienvenue ! Ecrit sur l'écran.
- C'est gentil, dit mon beauf, qui n'en rate pas une.
Ensuite un bel écran en couleur, avec des beaux nuages et, en haut à gauche, un machin où y avait inscrit corbeille, un autre où on voyait Poste de Travail !
- C'est tout ? dit mon beauf, toujours aussi casse-bonbons. - Peut-être qu'on a loupé une étape ? dis-je. On va éteindre et rallumer le truc. - On dit relancer, dit Nadine, qui à une bonne mémoire.
Sitôt dit, sitôt fait, je relance.
Un écran noir où y avait marqué : Windows n'a pas été fermé correctement et bla-bla-bla
Y avait encore écrit (je cite de mémoire) : démarrer normalement, mode sans échec, j'en oublie certainement.
- Maintenant, çà marche dit mon beauf. - Tu trouves ? - Ben ouai. On va pouvoir jouer. J'adore les échecs. - Les échecs ? - Fait marqué démarrer sans échec. On peut pas démarrer avec échec ? - Je vois pas.
A tout hasard, je clique sur un truc..
« erreur de programme" dll "TRUCMUCHE.DLL" est manquant au démarrage ».
- ??? - Nous v'là jolis, dit mon beau-frère, qui foutrait la scoumoune au gagnant du loto.
Re-téléphone au marchand
J'lui lit ce qui fait marqué.
- C'est tout à fait normal, dit le vendeur, n'oubliez pas que vous êtes sous Windows, vous allez sur Internet télécharger TRUCMUCHE.DLL puis vous l'installez dans Windows\System32, çà va aller comme sur des roulettes. - ???
(La fin quand même!)
- Restons calmes, dis-je. On va boire un tit verre de vin pour se remonter le moral, puis on reprendra tout çà.
Deux (trois ?) boutanches plus tard, nous étions, fin prêts.
- Par où qu'on bédute ?, questionna mon beauf, qui tient pas la bibine. - Quoi ? - Où qu'on commence ? - Ben, on va aller sur Internet chercher BIDULE.DLL, puis çà ira comme sur des roulettes. - Comment on fait pour aller sur Interlet ? s'enquit mon beau-frère préféré. - Internet ! On commence par rallumer le bazar puis on verra, que j'dis. - O.K.
Mon beauf pousse sur le gros bouton.
- Stop ! ordonnais-je au pignouf, c'est moi qui pousse sur le bouton, c'est à moi qu'on a espliqué !
Trop tard, la réaction nucléaire était enclenchée.
Windows n'a pas été fermé correctement et gna-gna-gna !
- Cré milliard de &*%£%@^ de &*%£%@^, éructais-je - Si on téléphonait ? avança Nadine prudemment. - C'est la dernière fois, si çà va pas ce coup-ci, je basarde tout le basard par la fenêtre et ton attardé de frangin par la même occasion ! C'est lui qu'a poussé sur le bouton.
Le frangin : J'ai pas soupé fort, heu... poussé fort.
- T'avais qu'à pas !
Nadine compose le numéro.
- Allo, qu'elle dit, c'est Nadine, mon mari voudrait vous causer.
Elle me passe le bigophone.
- Allo ? Çà recommence : Windows n'a pas et bla-bla ! - Vous voyez écrit mode sans échecs ? - Oui. - Cliquez dessus - C'est fait. - Que voyez-vous ? - Bienvenue... - C'est bon, vous êtes sauvé. - Qu'est-ce qui dit, demanda Nadine à mi-voix. - On est sauvés ! - Une simple question : Comment avez-vous éteint votre PC ? - Ben, en poussant sur le gros bouton. - Il ne faut JAMAIS faire çà, malheureux ! - Comment qu'y faut faire alors ? - Vous devez cliquer sur le bouton où il fait marqué DEMARRER, en bas à gauche de l'écran. - Attendez, vous me dites de cliquer sur démarrer pour arrêter, j'ai bien compris ? - Oui. - Vous vous foutez de moi ? - Non, je vous assure.
Je raccroche grossièrement..
- Esplique, dit Nadine - Y s'foutent de nous, y disent qu'y faut cliquer sur démarrer pour arrêter ! - Pourtant on n'a pas clinqué sur arrêter pour débarrer, murmura le soufflé. - Toi le beauf, tu la fermes sinon je te fous par la fenêtre. - Tu toucheras pas à mon frère, osa Nadine, qui a l'esprit de famille. Avant y faudra que tu me passes sur le corps.
Je pris çà comme une espèce de rappel à l'ordre, ce qui ne fit qu'attiser ma colère..
- Chaque chose en son temps, fulminais-je. De toute façon, j'abandonne. L'informatique y en a ras la jatte, terminé. F I N I, fini.
M'adressant au beauf qui se tenait timidement à l'écart :
- Viens frangin, on va aller s'en taper une au troquet du coin.
Sitôt dit, sitôt fait.
Quand nous rentrâmes, vers les 3 heures du mat, Nadine était installée devant le PC en train de tapoter gentiment.
- Qu'tu fais Nad ? - Je surfe sur Internet, y a des trucs supers. - Tu surfes ? Y charme le zabar ? Heu y marche le bazar ? - Bien sûr, fallait lui parler gentiment, poliment. - Nadine, tu es le trésor de ma vie, viens dans mes bras. Toi le frangin, tu te casses !
La suite serait délectable Malheureusement Je ne peux Vous la dire Et c'est regrettable ....
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